Claude Priet, mort pour la France

Claude Priet est le 56 ème mort pour la France de Grury. Il est décédé des suites d’une intoxication par gaz à l’hôpital de Redon (35). Il avait 24 ans.

 

Le dernier de la famille

Claude Priet est né le 20 juillet 1894 au hameau des Granges à Grury (71). C’est le dernier des 9 enfants de Jacques Priet, cultivateur et de Louise Journet.

Il a tout juste 20 ans quand la première guerre mondiale est déclarée. Ses frères partent chacun dans leurs régiments respectifs  : le train des équipages militaires pour l’ainé Jean Marie, l’artillerie à pied pour Etienne, le génie pour Philibert, l’artillerie de campagne pour l’autre Jean Marie et l’autre Etienne est évacué comme blessé dès la fin août 1914.

Dans l’infanterie

Claude Priet part rejoindre le 134 ème régiment d’infanterie le 8 septembre 1914 où il suit probablement quelques mois d’instructions . Il est ensuite affecté au 56 ème RI dès le 17 novembre 1914 puis au 95 ème RI le 13 décembre 1914. C’est peut être avec ce régiment qu’il découvre le front et subit le baptême du feu.

Le 95 ème régiment d’infanterie est au repos au sud de Saint Mihiel (55) et reçoit plusieurs renforts :

– 277 hommes dont 258 soldats le 15 décembre 1914

– 225 hommes le 16 décembre 1914

– 281 hommes le 19 décembre 1914.

Les hommes semblent rejoindre leurs unités dès le 23 décembre dans le secteur de la tête à vache. Le journal de marche égrène déjà chaque jour un état de pertes comprenant blessés et/ou tués.

Tête à vache, un secteur meurtrier

Le secteur est très meurtrier et le régiment continue de recevoir régulièrement des vagues de renfort par centaine .

Malgré leurs efforts, les hommes ont du mal à prendre les tranchées ennemies. « L’opération d’attaque prescrite par le commandement a échoué parce qu’elle n’avait qu’une préparation très insuffisante par le génie et aussi en raison de la fatigue extrême des troupes de 1 ère ligne ».

La fête de l’empire contre la marseillaise

Le 28 mars 1915, les allemands souhaitent fêter la constitution de leur empire … les français continuent de tirer.

La déclaration de guerre de l’Italie à l’Autriche deux mois plus tard est fêtée dans les tranchées au son de la Marseillaise .

Verdun…

Le mois de juillet 1915 est intensif au niveau des combats. Le 95 ème Régiment d’infanterie reste en place dans la même zone géographique pendant encore plus d’un an et va vivre le début de la bataille de Verdun à Douaumont.

Claude Priet est affecté au 36 ème RI le 23 juin 1916. Le journal de marche de ce régiment est beaucoup moins bavard. La mention « même situation » avec le nombre de tués et de blessés est égrenée quotidiennement.

Les hommes restent dans le secteur de Mouilly, la Colonne et les Eparges au sud de Verdun jusqu’au printemps 1917.

Le chemin des dames

Fin mars après un passage en Lorraine, le régiment rejoint la région de Château Thierry. Le 30 mai, il est dans la région de Noyon (Oise) avant de monter en ligne à Urvillers au sud de Saint Quentin le 26 juin 1917.

Le 1 er bataillon est cité à l’ordre du corps d’armée pour son coup de main du 15 novembre sur l’Ailette. Les hommes vont dans le secteur du chemin des dames début décembre 1917 entre Vauclerc et Craonne et… Claude Priet est promu soldat de 1 ère classe le 23 décembre 1917.

Evacué en Bretagne

Le 36ème RI part au mois de mai 1918 vers la Belgique dans la région du Mont Kemmel . Claude Priet est évacué comme blessé le 22 mai 1918 et décède des suites d’une intoxication par gaz le 1 er ou le 2 juin 1918 à l’hôpital complémentaire N°57 de Redon (35). Sa fiche matricule donne les deux dates, l’une à l’encre, l’autre au crayon de papier. Il avait 24 ans.

Il est le 56 ème mort pour la France de Grury. Ses frères sont tous revenus du front. Son corps est rapatrié. Il repose au cimetière de Grury. Sa plaque indique qu’il a été tué au Mont Kemmel…

 

 

Sources : 5E227/13-AD71, 1R RM Autun 1914-AD71, 26N670/4 à 6, 26W612/5 et 6 –sga mémoire des hommes

© 2018 Généalanille - Article publié ler 1er juin 2018

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