Cicatrices et autres marques particulières
Les marques particulières sont des cicatrices, grains de beauté, coupures, envies, brûlures ou des tatouages qui permettent d’identifier une personne. Comment comprendre leur description ?

Un moyen unique de reconnaissance
« Il n’est personne qui ne porte sur soi, en nombre plus ou moins grand, et souvent à son insu, quelques grains de beauté ou cicatrices. Cinq à six de ces marques individuelles suffisent pour distinguer un homme entre plusieurs millions, mais à la condition sine qua non qu’elles soient décrites minutieusement. » Telle est la conclusion d’Alphonse Bertillon dans son ouvrage Identification anthropométrique : Instructions signalétiques paru en 1885.
Bien avant l’ADN ou la biométrie, reconnaitre de manière formelle un individu passait par cette technique dite bertillonnage, prévue pour les criminels mais qu’on rencontre sous d’autres formes d’archives.

Une analyse méthodique
Voici un exemple de bertillonnage effectué lors d’une arrestation. L’analyse est faite selon des règles et un ordre immuable sur le corps qui sont référencés I à IV sur le document mis en exemple.
Les zones sont d’abord les bras, avant-bras et mains, en commençant par le côté gauche, puis la face et le devant du cou. La description se poursuit par la poitrine et le devant des épaules avant de s’intéresser au derrière du cou et au dos. On notera que les autres parties du corps, en particulier les jambes, ne sont étudiées en dernier, probablement parce qu’elles sont le plus souvent cachées par des vêtements, comme le montre la planche XXIII.
Dans l’exemple présenté, on notera que rien qu’avec les bras, les marques particulières sont très largement suffisantes pour identifier la personne.

Une description précise
S’il semble facile de décrire ce que représente un tatouage, une méthodologie particulière est portée pour les autres marques particulières.
Ainsi cic h de 2 base I-P f j puis cic rde de 2 2ef M f j semblent assez peu compréhensibles, si ce n’est qu’il s’agit de cicatrice.

Retenez qu’il est nécessaire de bien repérer la zone géographique pour aider à l’analyse (en l’occurrence I, bras, avant-bras et main gauche.
Sachez que l’unité de mesure est le centimètre et arrondi à cette unité. 2 millimètres serait inscrit comme 0,2 sur le document ; 5,7 centimètres serait noté à 6.

L’indication I-P est explicitée dans le tableau ci-avant et permet de mieux comprendre où se situe la cicatrice, en l’occurrence à la base de l’index et du pouce gauche.
Sur la deuxième ligne, le M de majeur devient plus simple à comprendre. On constate que la probable 2ème phalange est concernée, même si le code normal aurait dû être ph, on sait grâce au Tableau des abréviations employées en portrait parlé publié en 1930, c’est bien un f. qui peut être utilisé.
Les sigles h ou rde s’expliquent facilement : horizontale et ronde.
Les abréviations ressemblant à des lettres grecques (alpha, tau, phy) sont également codifiées dans l’ouvrage de 1930.

Par ailleurs, chaque marques est indiquée par rapport à un point de repère, tant au dessus qu’en dessous, à gauche ou à droite avec son éloignement de celui-ci.
Enfin, on notera que sur l’exemple proposé, l’analyse a montré qu’une cicatrice était dûe à une opération et une autre à une entrée de balle.
Des ressources à exploiter
Même si vous n’avez pas de criminel dans la famille, vous pouvez avoir à consulter des documents rapportant les marques particulières : par exemple des cartes d’identité professionnelles et bien sûr les registres matricules militaires.
N’hésitez pas à consulter les abréviations proposées par M. Bertillon, agrémentées des parutions numérisées et disponibles sur le site de référence criminocorpus.
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Article publié le 5 octobre 2026












