Caché pour échapper au STO
Voici l’histoire d’un jeune homme caché pour échapper au STO, dénoncé, et découvert par les gendarmes.

Une dénonciation qui engendre une enquête
Le STO n’a pas uniquement concerné les jeunes gens de 20 ans, en lieu et place de leur service militaire, mais également des personnes réquisitionnées. Chaque histoire personnelle est différente et celle-ci est liée à une dénonciation, « par une personne ayant désiré l’anonymat », qui a donc provoqué une enquête des gendarmes.
Les gendarmes chez la mère du requis au STO
Le « corbeau » n’a pas hésité à préciser aux gendarmes que l’homme était hébergé chez sa mère à Saint-Félix, commune de Rodez. Adresse à laquelle les agents de la force publique n’ont pas hésité à se rendre. La mère ouvre la porte. Elle explique que son fils n’est pas là puisqu’il est parti, officiellement, quatre mois plus tôt pour travailler en Allemagne.
Les gendarmes vont dans la chambre à coucher du fils. Le lit est chaud, premier indice. Sur une chaise se trouvent un pantalon, un tricot et une ceinture, mais la mère affirme qu’elle les a laissés à la place où son fils les avaient laissés en souvenir.
La chambre aurait pu être devenue un musée s’il n’y avait pas des cigarettes et des cendres dans le cendrier. La mère du fugitif justifie que c’est elle qui a fumé.
Des fouilles fructueuses
Beaucoup d’indices donc qui laissent à penser que le fuyard n’est pas loin. Il faudra cependant deux heures de recherches dans la cave, le grenier et les différentes pièces pour que les gendarmes aient une idée. Le lit semble cacher un placard derrière le lambris. Après avoir trouvé une tige de fer, le réfractaire est retrouvé, complément dévêtu en compagnie d’un revolver 8 mm et de 40 cartouches. Il est arrêté et sommé de se justifier.
Quatre mois de planque
Belge âgé de 34 ans, cet homme explique qu’il a été désigné en avril 1943 pour aller travailler en Allemagne. Il a même perçu la somme de 1000 francs comme première avance… mais il n’est jamais parti. Sa mère, originaire de Saint-Pancré (54), l’a caché dans son domicile de refuge à Rodez, et se débrouillait pour nourrir la famille avec ses tickets d’alimentation et ceux de son petit-fils, le fils n’ayant pas droit à la carte d’alimentation. C’est elle qui l’a prévenu de l’arrivée des gendarmes.
Le fugitif affirmera consentir à rendre immédiatement l’argent perçu.
Une histoire ordinaire ?
Ne pas se rendre au STO, se planquer à chaque passage des gendarmes (parfois suffisamment bruyants pour qu’on ait le temps de prendre ses dispositions), avoir accepté de partir pour toucher de l’argent, dénoncer gratuitement, cacher des personnes, toutes ces histoires ont existé et doivent permettre de se poser la question de ce que nous aurions fait ou ferions dans une telle situation.
Retrouver des traces de ces histoires
Il est possible de retrouver des témoignages de ces situations par le biais des dossiers liés à la Seconde Guerre mondiale, mais aussi des PV de gendarmes ou de Police. Cependant, toutes les histoires liées à des camouflages, à des personnes jamais trouvées, ou à des affaires plus sensibles (adultères par exemple) sont souvent plus difficiles à retrouver.
N'hésitez pas à rechercher dans les archives du département où ont été hébergés les réfugiés ce type d'information.
©2026 Généalanille - Article publié le 28 septembre 2026












