Chasseur d’orage

Votre ancêtre est-il devenu chasseur d’orage et observateur de phénomènes météorologiques pendant le Second Empire ? Observer, compiler les données et prévoir le temps à venir…

Carte postale : collection C. Cheuret

La météo, du bon sens à la science

La météo nationale a la réputation d’être née d’une grosse tempête pendant la guerre de Crimée, en novembre 1854, mais les prévisions météos sont beaucoup plus anciennes.

Comment ne pas avoir constaté que vos parents, grands-parents avaient la capacité de détecter une journée de pluie ou de soleil, rien que par l’observation du ciel, de la direction du vent, de la couleur du coucher du soleil ? Le « bon sens paysan » perdure à la campagne. En ville, c’est parfois l’application consultée sur le smartphone qui fait office de choix de la tenue vestimentaire à porter pour la journée…

Le rôle des école normales

Dès 1864, les écoles normales vont jouer un rôle essentiel dans l’observation du temps qu’il fait.

Les relevés sont faits quotidiennement, à heure fixe, et sont un excellent moyen d’apprendre certaines notions et l’utilisation d’appareils de mesure.

Un rapport parait en 1866, sur les observations déjà réalisées dans toute la France métropolitaine. Il est disponible sur le portail documentaire de Météo-France.

Les relevés sont envoyés au ministre de l’instruction publique et donc conservés aux Archives nationales. On notera que les relevés de l’École normale de Rodez sont numérisés et disponibles sur le site de Météo-France.

Relevés météo de l'école normale de Rodez numérisés sur le site de Météo-France

Les chasseurs d’orage

Outre l’observation des températures, de la pression et autres données techniques, c’est bien un ensemble de « bénévoles », choisis probablement par les équipes de chaque préfecture, qui va être mobilisé pour observer les orages.

« Considérant qu'il importe, dans l'intérêt général et spécialement dans l'intérêt de la marine et de l'agriculture, de réunir le plus grand nombre de documents possible relativement aux perturbations atmosphériques, à l'effet d'en découvrir les lois et de se prémunir contre les ravages qui peuvent en résulter ; que ce but ne peut être atteint qu'à l'aide d'observations faites simultanément sur un grand nombre de points », telle est la motivation pour créer ce réseau sur chaque département.

Que doivent-il noter ?

Les consignes sont les suivantes :

« Il conviendra de noter, autant que possible pour chaque orage

1° Le lieu où l'on se trouve, l’heure où l'orage éclate, celle où il finit ;

2° Le point de l'horizon où l'orage est venu; la direction dans laquelle il marche et disparait ;

3° La vitesse des nuages, les directions dans lesquelles ils voyagent, la force et la direction du vent (selon une norme) à la surface du sol ;

4° L'intensité des éclairs et du tonnerre ;

5° Les chutes de pluie et de grêle; les trombes, quand elles se forment; l'heure où apparaissent ces divers phénomènes; leur durée ;

6° L'état des récoltes avant et après l’orage; la nature et la gravité des dégâts de toute espèce. »

 

Les observations sont à envoyer directement au Ministre de l’instruction publique (par lettre non affranchie). Elles peuvent être réalisées avec l’aide de « collaborateurs » et quand plusieurs « correspondants » sont au même endroit au même moment, ils doivent se concerter pour harmoniser leurs observations.

Le cas de l’Aveyron

La localisation des « correspondants » de l’Aveyron montre un bon maillage de l’ensemble du territoire. Les personnes choisies sont majoritairement des instituteurs, mais aussi des agents-voyers, quelques maires, des conducteurs des ponts et chaussées et autres personnes en capacité d’observer… et de rapporter par écrit ces résultats. Il est à noter que pour la plupart des instituteurs, on ne cite pas leur nom. C’est donc la fonction, plus que la personne, qui sont importants. Doit-on préciser qu’il n’y a pas de femme dans la liste ?

Vous trouverez ci-après la liste des Aveyronnais mobilisés pour chasser les orages en 1865.

Carte des communes de l'Aveyron où des "chasseurs d'orage" sont désignés en 1865. Création C. Cheuret

Et pour votre département ?

Le portail documentaire de Météo-France peut vous apporter des pistes de recherche, c’est également le cas du portail des archives de Météo France.

Les archives nationales conservent des données anciennes et dans chaque département, vous pouvez trouver d’autres ressources aux archives départementales et, pour les plus chanceux d’entre vous, dans des archives privées.

 

© 2026 Généalanille - Article publié le 2 mars 2026

Liste des personnes désignées pour "chasser les orages" en Aveyron.

Pour l’arrondissement de Rodez :

Canton de Rodez.

MM. Delestrac, ingénieur en chef des ponts et chaussées ;

Mercadier, ancien élève de l'école polytechnique, directeur du bureau télégraphique de Rodez ;

Ardin-Deltheil, professeur au lycée impérial de Rodez, officier d'Académie ;

L'instituteur à Druelle ;

L'instituteur à Druelle ;

L'instituteur à Moyrazès.

 

Canton de Bozouls.

MM. Galy, instituteur à Bozouls ;

L'instituteur à Rodelle ;

Routhe, instituteur à Gages, commune de Montrozier ;

L'instituteur à Sébazac.

 

Canton de Cassagnes-Begonhes.

MM. Couvignon, agent secondaire des ponts et chaussées à Cassagnes-Bégonhès ;

Grimal, agent-voyer cantonal ;

Vezinet, instituteur à Cassagnes ;

L'instituteur à Arvieu ;

L'instituteur à Sainte-Juliette ;

Albouy, instituteur à Ceignac.

 

Canton de Conques.

MM. Mignonac, agent-voyer cantonal à Saint-Cyprien ;

Dides, instituteur à Conques ;

Lapeyre, instituteur à Notre-Dame-d'Aynès ;

L'instituteur à Noailbac ;

L'instituteur à Sénergues.

 

Canton de La Salvelat.

MM. Dalous, instituteur à La Salvetat ;

Molinié, instituteur à Tayrac.

 

Canton de Marcillac.

MM. A. Tarayre, secrétaire de la société d'agriculture de l'Aveyron, à Salles-la-Source ;

Marty, instituteur à Marcillac ;

Singlard, instituteur au Grandmas ;

L'instituteur à Clairvaux.

 

Canton de Naucelle.

M, Fabre, conducteur des ponts et chaussées à Naucelle ;

MM. Gombert, instituteur à Camboulazet ;

L'instituteur à Centrès.

 

Canton de Réquista.

MM. Boissonnade, instituteur à Réquista ;

Almayrac, instituteur à La Selve ;

L'instituteur à Lédergues.

 

Canton de Rignac.

M. Jean-Jean, agent-voyer cantonal à Rignac ;

Sabathier, instituteur à Bournazel.

 

Canton de Salars.

MM. Durand, maire de Salars, docteur en médecine ;

Boussac, instituteur à Salars ;

Mourié, instituteur a Flavin ;

L'instituteur à Trémouilles ;

L'instituteur à Agen.

 

Canton de Sauveterre.

MM. Salesses, agent-voyer cantonal à Sauveterre ;

L'instituteur à Colombiès ;

Cransac, instituteur à Pradinas.

 

Pour l'arrondissement d'Espalion :

Canton d'Espalion.

MM. Marty, principal du collège d'Espalion ;

Boyer, agent-voyer d'arrondissement ;

Delamarche, garde-général des forêts à Espalion ;

L'instituteur à Lassouts.

 

Canton d'Entraygues.

MM. Brun, conducteur des ponts et chaussées à Entraygues ;

Vesin, agent-voyer cantonal à Entraygues ;

L'instituteur à Golinhac.

 

Canton d'Estaing.

MM, Pons, percepteur à Estaing ;

L'instituteur au Nayrac ;

L'instituteur à Villecomtal.

 

Canton de Laguiole.

MM. Allégrié, employé des ponts et chaussées à Laguiole ;

L'instituteur à Cassuéjouls ;

L’instituteur à Montpeyroux.

 

Canton du Mur-de-Barrez.

MM. Pages, employé des ponts et chaussées à Mur-de-Barrez ;

Riols, ancien principal de collège, maire à Thérondels ;

L'instituteur à Lacroix.

 

Canton de Saint-Amans.

MM. Maynier, percepteur des contributions directes à St-Amans ;

L'instituteur à Huparlac.

 

Canton de Saint-Chely.

MM. Glandières, percepteur des contributions directes à Saint-Chély-d'Aubrac.

 

Canton de Sainte-Geneviève.

MM. Cros, agent-voyer cantonal à Sainte-Geneviève ;

L'instituteur à Lacalm.

 

Canton de Saint-Geniez.

MM. Luche, Antoine, professeur au collège de Saint-Geniez ;

Cassagnes, conducteur des ponts et chaussées à St-Geniez ;

L'instituteur à Prades-d'Aubrac.

 

Pour l'arrondissement de Millau :

Canton de Millau.

MM. Sabde, ingénieur en retraite ;

De Sambucy, propriétaire, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron ;

Sainte-Colombe, professeur au collège de Millau ;

Bonhomme, Jules, banquier et agriculteur à Millau ;

De Montéty, président du comice agricole de St-Georges ;

L'instituteur à Paulhe.

 

Canton de Campagnac.

MM. Puech, pharmacien à Campagnac ;

Evesque, maire de Saint-Saturnin ;

l'instituteur de Saint-Laurent-d'Olt.

 

Canton de Laissac.

MM. Anglade, juge de paix à Laissac ;

Dupau, agent-voyer à Gaillac ;

L'instituteur de Cruéjouls ;

L'instituteur de Vimenet.

 

Canton de Nant.

M. Daudé de Lavalette, juge de paix à Saint-Jean-du-Bruel ;

MM. Fabvier, maire de La Couvertoirade ;

Causse , receveur des postes à La Cavalerie ;

Jugla, agent-voyer à Nant ;

L'instituteur à Saint-Sauveur ;

L'instituteur à l'Hospitalet.

 

Canton de Peyreleau.

MM. Ruas, maire de Peyreleau ;

L'instituteur de Rivière ;

L'instituteur de Veyreau ;

Jonquet, adjoint au maire de Saint-André-de-Vézines.

 

Canton de Saint-Beauzely.

MM. Bonhomme, Paul , propriétaire-agriculteur à la Tacherie ;

Bories, instituteur à Saint-Beauzély ;

L'instituteur à Montjaux ;

L'instituteur à Verrières.

 

Canton de Salles-Curan.

MM. L'instituteur d'Alrance ;

L'instituteur de la Besse, commune de Villefranche-de-Panat ;

L'instituteur à Canabières.

 

Canton de Sévérac-le-Château.

MM. D'Hauterives, président du Comice agricole ;

Lescure, maire de Lavernhe ;

Blanc, secrétaire de la mairie de Sévérac.

 

Canton de Vezins.

MM. Vergely, maire de Vezins, agriculteur ;

L'instituteur de Saint-Léons ;

L'instituteur de Vezins ;

L'instituteur de Ségur.

 

Pour l'arrondissement de Saint-Affrique :

Canton de Saint-Affrique.

MM. Pader, ingénieur des ponts et chaussées ;

Fournol, négociant ;

Carrère, Auguste, professeur au collège ;

Brusley, garde général des forêts ;

Vaissac, conducteur des ponts et chaussées ;

Mazel, instituteur à Saint-Jean-d'Alcapiès.


Canton de Belmont.

MM. Gaubert, maire de Saint-Sever, docteur en médecine ;

Vayssier, supérieur du petit séminaire ;

L'instituteur à Murasson ;

L'instituteur à Rebourguil.

 

Canton de Camarès.

MM. Solier, Raymond, négociant à Camarès ;

L'instituteur à Mélagues ;

Carrière-Montjosieu fils, ingénieur civil à Sylvanès ;

Vernhet, agent-voyer cantonal à Camarès ;

L'instituteur à Brusque.

 

Canton de Cornus.

MM. Cristol, greffier de la justice de paix ;

L'instituteur de Cornus ;

L'instituteur à Sainte-Eulalie-du-Larzac ;

L'instituteur à Marnhagnes.

 

Canton de Saint-Rome-de-Tarn.

MM. Arnal, agent-voyer cantonal à Broquiès ;

Raynal, supérieur des Frères.

 

Canton de Saint-Sernin.

MM. Foulquier-Lavergne, docteur-médecin à Pousthomy ;

Enjalric, agent-voyer cantonal à Saint-Sernin ;

Pons, supérieur des Frères à Saint-Sernin ;

Sabathier, instituteur à Pousthomy ;

Espinasse, instituteur à Brasc ;

L'instituteur à Laval-Roquecezière ;

L'instituteur à Martrin.

 

Pour l'arrondissement de Villefranche :

Canton de Villefranche.

MM. Petit, ingénieur des ponts et chaussées a Villefranche ;

Fabre, professeur de physique au collége de Villetranche ;

Aigouy, agent-voyer d'arrondissement à Villefranche ;

Mouly, conducteur des ponts et chaussées à Villefranche ;

L'instituteur à Vailhourles.

 

Canton d'Asprières.

MM. Escudié, maire de Sonnac ;

L'instituteur à Balaguier.

 

Canton d'Aubin.

MM. Lacalm, propriétaire à Aubin ;

Valdeiron, secrétaire de la mairie d'Aubin ;

Delpoux , agent-voyer cantonal à Viviez ;

L'instituteur à Saint-Parthem.

 

Canton de Montbazens.

MN. Joulié, expert-géomètre, maire de Lugan ;

Bedos, agent-voyer cantonal à Lanuéjouls.

 

Canton de Najac.

MM. Saignes, maire de Najac ;

L'instituteur de Najac ;

L'instituteur à Lunac.

 

Canton de Rieupeyroux.

MM. Scudier, juge de paix à Rieupeyroux ;

L'instituteur communal de Rieupeyroux ;

L'instituteur à Prévinquières ;

L'instituteur à Labastide- Evêque ;

L'instituteur à Saint-Salvadou.

 

Canton de Villeneuve.

MN. Bonhomme, notaire, maire de Sainte-Croix ;

L'instituteur à Saint-Igest.

 

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