Carte-photo ou carte postale
La carte-photo se distingue de la carte postale par son aspect personnel et instantané.

La carte-photo
La carte-photo apparait à la fin du XIXe siècle. Elle est imprimée en peu d’exemplaires (entre une et quinze à vingt cartes) pour certaines photos à aspect familial et personnel. Des événements, dits historiques, ont, quant à eux, eu droit à un tirage plus conséquent et les cartes-photos qui les illustrent sont donc plus faciles à retrouver.
On notera que certaines cartes ont été prises par des photographes ambulants, alors que d’autres sont issues du travail de photographes professionnels qui sortent de leur studio, parfois pour des manifestations programmées (visites d’un officiel, meeting aérien, fête locale), ou pour des événements exceptionnels.
Une photo à caractère personnel
Voici l’exemple d’une maman et de sa fille. Le cliché est probablement en faible tirage et Marthe, de Millau, qui envoie la carte à son amie va se priver de la photo de son fils « Pierrot ». Elle écrit « Moi je ne suis pas très bien, mais lui est très naturel ».

Montrer son lieu de vie
Voici un deuxième exemple de 1907. L’homme indique à son correspondant « cette vue prise la semaine dernière représente le panorama que j’ai découvert de chez moi. Mon jardin est marqué d’une X ». Il n’y avait probablement aucune carte postale de son village représentant d’autres lieux que des bâtiments officiels (mairie, église) ou des lieux communs (place, pont)…

Il envoie quelques mois plus tôt une carte montrant école et mairie de Penchot en Aveyron, mais ce cliché est accompagné, sur l'autre moitié de la carte, de ce qu’on pense être un autoportrait. Ses destinataires ont probablement apprécié de voir une photo de leur ami.

Ils auraient peut-être encore plus apprécié d’entendre sa voix, de le voir en mouvement, d’échanger avec lui par vidéo. L’IA permet aujourd’hui d’animer la carte, même si on ne sait pas si le geste que l’informatique lui prête aurait été celui qu’il aurait fait.
Raconter un événement
Voici enfin deux exemples de cartes-photos dont le tirage est, sans conteste, dans un volume plus conséquent.
Un accident survenu à Couesque, près d’Entraygues en Aveyron en 1906 qui a la particularité de reproduire le plan des lieux et de la photo de l’un des protagonistes. L’événement a provoqué un grand effroi car les défunts sont le Dr Bonnefé de Rodez, sa femme et son beau-père. Le domestique n’a eu la vie sauve qu’en ayant eu le réflexe de sauter de la voiture en marche. Le fait divers est évidemment relaté dans la presse.

L’enterrement du sergent major Enjalran du 81ème RI, originaire du Tarn, au camp de Larzac en 1907.
La facilité à retrouver des exemplaires des différentes cartes-photos existants nous laisse à penser que l’événement a été marquant. Cependant la presse locale ne semble pas relayer cette information

Un élément iconographique intéressant
« Contrairement aux cartes postales qui étaient sélectionnées et souvent recadrées et retouchées par l'imprimeur-éditeur à partir des négatifs, les cartes-photos ont conservé le charme authentique de leurs imperfections » indique Thierry Chardonnet dans son ouvrage La carte-photo - Histoire d'un art populaire. Les plus curieux ne manqueront pas de se reporter à ses écrits pour en savoir plus sur ce sujet.
© 2026 Généalanille - Article publié le 13 avril 2026
Cartes-Photos coll. C. Cheuret












