Les femmes sans enfant en généalogie
Faut-il porter un nouveau regard sur les femmes sans enfant dans nos arbres généalogiques, à l’heure ou le tabou autour des femmes nullipares et nulligestes se lève peu à peu ?

Des termes médicaux
On qualifie de nullipare une femme qui n’a jamais accouché (ou qui a subi une fausse-couche, s’est fait avorter). Le terme nulligeste est associé à une femme qui n’a pas eu de grossesse, peu importe son issue.
La différence est importante, c’elle d’avoir eu, ou non, un enfant dans son ventre, mais les deux mots ont un point commun : celui d’avoir une consonance négative, du moins à la prononciation.
La recherche des enfants en généalogie
La recherche des enfants est une des bases de la généalogie descendante. Elle consiste à recenser toutes les naissances des enfants du couple à compter du mariage de celui-ci. A quelques détails près, puisqu’une naissance peut avoir eu avant le mariage (dans ce cas, il faut chercher au nom de la mère), et que les enfants morts-nés peuvent être classés dans les décès plutôt que dans les naissances. De plus, il ne faut pas oublier qu’une grossesse difficile ou cachée a pu donner naissance à un enfant dans un hôpital éloigné de la commune de résidence, voir dans des établissements d’un autre département.
L’échelonnement d’au moins 9 mois entre les naissances permet, par exemple, de détecter des erreurs d’homonymie. Le décès de la femme va également provoquer l’arrêt de la recherche, les enfants posthumes étant généralement réservés aux hommes, même en cas de décès « en couches ».

4ETD RO - AD12 - 1893-1902
Un lien femme-enfant
En cas de généalogie ascendante, il est évident que les ancêtres femmes ont bien évidemment eu au moins un enfant, sinon le chercheur ne pourrait pas recherches ses racines. Cette femme peut être une inconnue, ou « non dénommée » en cas d’abandon.
Une femme n’est pas forcément mariée pour avoir des enfants. Elle peut être « fille mère », ou veuve. Par ailleurs, un enfant d’une femme mariée ou non, n’est pas forcément une naissance souhaitée. On gardera à l’esprit la séduction, le viol, les grossesses rapprochées ou à répétition…
Enfin, pour rappel, la déclaration de grossesse prévue sous l’Ancien régime disparait avec la Révolution française.
Des femmes sans enfant
Fausses-couches à répétition, enfants qui « ne tiennent pas », avortement plus ou moins sécurisé, absence de rapports sexuels, une femme peut ne pas avoir eu d’enfants pour des raisons médicales, économiques et plus rarement par choix. Si aujourd’hui certaines femmes peuvent affirmer qu’elles ne souhaitent pas d’enfant ou peuvent exprimer le regret de ne pas avoir eu d’enfants, il est probable que le regard de l’entourage et la pression sociale restent des éléments forts pour être « dans la norme ».
Alors peut-on trouver des traces sur les grossesses non parvenues au terme ?
Un sujet sensible
Peut-on retrouver des traces de fausse-couches ? Cela dépend. Il peut être de notoriété publique (intra familiale ou amicale) que telle ou telle femme n’arrivait pas à mener à terme ses grossesses. C’est alors le témoignage oral (ou sa transmission) qui sera à rechercher.
D’un point de vue archivistique, le délai de communication sur les informations médicales risquent de limiter vos recherches. Cependant, on peut trouver dans les archives hospitalières les causes de sortie d'une femme de la maternité : avec une naissance ("accouchée") ou une fausse couche ("découchée"), voire un avortement (comprenez qu'il s'agit également d'une fausse couche.

Par ailleurs, on peut parfois lire, dans une affaire judiciaire ou un contentieux, un rapport médical indiquant une grossesse mais non suivie de naissance (et d’abandon de l’enfant). Outre les archives d’ordre judiciaire (au sens large du terme), ce sont les populations surveillées, telles que les enfants sous tutelle, assistés, personnes aliénées (baby blues), etc. qui peuvent avoir des documents de ce jour dans leurs dossiers.
Peut-on retrouver des traces d’avortement ? Il faut différencier l’infanticide (enfant né) de l’avortement (enfant dans le ventre de sa mère). Les deux sont cependant soumis à une condamnation aux Assises, sous réserve que le procureur en ait eu connaissance. Combien de femmes ont eu recours à une faiseuse d’anges ? Probablement beaucoup moins que de procès enregistrés dans les archives.
Peut-on savoir de manière sûre qu’une femme n’a jamais eu de grossesse ? D’un point de vue des archives et à défaut d’un rapport médico-légal, on ne peut pas savoir si tata Léonie a oublié de nous dire avant de mourir qu’elle avait eu une grossesse….

A chaque femme son destin. Image d'illustration.
Sans enfant et alors ?
Faire un choix de ne pas avoir d’enfant ou le subir est aujourd’hui plus accepté dans notre société. Les moyens de contraception, les horaires de travail, l'incertitude écologique et économiques ont changé la donne dans la perception d'avoir une famille plus ou moins nombreuse.
Depuis quelques années, la tante SINK (Single income, no kids, c’est-à-dire célibataire sans enfant) est devenue à la mode. Avec moins de contraintes, plus de temps (et éventuellement d’argent), elle permet aux parents de lui confier leur progéniture pour souffler quelques temps. Mais n’était-ce pas déjà la fonction qu’assuraient ces vieilles filles de la famille qu’on recueillait à la maison, parce qu’elles étaient seules et sans enfant ?
© 2026 Généalanille - Article publié le 11 mai 2026
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