Les testaments jamais lus
Pourquoi certains testaments ne seront jamais lus ? Un exemple concret et ses conséquences.
Exemple d'un testament mystique - cousu de fil noir et scellé de cire rouge - 3E17467-AD69
Un décès anodin
Quand Marianne Goudal décède en 1820 à Espalion en Aveyron, rien ne laisse imaginer dans son acte de décès qu’elle a pu prévoir ses dernières dispositions. C’est bien sa déclaration de décès (et donc la table de successions et absences) qui permet de connaitre les références d’un testament.
Ce dernier s’avère avoir été rédigé par un notaire, non pas de l’ancienne sous-préfecture qu’était Espalion, mais par une petite commune avoisinante. Le document date de 1817 (trois ans avant la mort de la dame). Il prévoit des messes (hautes et basses) mais surtout des dispositions pour la fabrique de la paroisse, mais aussi pour les 40 pauvres les plus nécessités de la commune …
Par ailleurs, il précise expressément qu’il révoque tout testament antérieur. Cette mention est habituelle et peut paraitre anodine.
On pourra noter que la signature de Marianne Goudal est facilement reconnaissable.

Testament pris en compte dans la déclaration de décès de Marianne Goudal - 3E15952-AD12
Y-a-t-il eu un précédent testament ?
Comment savoir si Marianne Goudal a déjà rédigé un testament ? A cette période, et jusqu’à 1865, seules les tables, en l’occurrence de testaments, peuvent donner cette information. Malheureusement le bureau d’enregistrement d’Espalion n’a pas conservé cette table avant 1825. Il faudrait donc faire un relevé systématique de tous les actes civils publics pour trouver un précédent testament… sous réserve qu’il n’ait pas été fait ou déposé chez un notaire d’un autre lieu.
Trois testaments consécutifs
En fouillant un peu, on retrouve trois testaments consécutifs déposés par Marianne Goudal. C’est, entre autres, la signature qui permet de conforter l’idée qu’il s’agit de cette même personne. Or ces trois testaments déposés entre 1807 et 1808 sont clos. C’est-à-dire qu’ils ont été cousus et fermés par des cachets de cire en nombre variable. La couleur du fil (blanc, rouge ou noir), le nombre de cachets et le nombre de pages que contient cette « pochette » sont également précisés sur le document de dépôt. (La numérisation étant en noir et blanc, on ne distingue ni le rouge de la cire, ni la couleur du fil).

Un des testaments mystiques de Marianne Goudal - Numérisé sur le site des AD12 - 3E5806-AD12
Des testaments qui ne seront jamais lus
Que contiennent ces testaments ? Seul l'auteur le sait, car le notaire se contente de prendre en compte le dépôt dans l’attente du décès. C’est ce qu’on appelle un testament mystique.
Dans les archives des notaires, certains testaments resteront clos comme ceux de Marianne Goudal ; preuve qu’un codicille a été déposé ou rédigé ultérieurement (celui pris en compte dans la succession). Dans quelques cas exceptionnels, le notaire n’aura pas eu connaissance du décès, empêchant l’ouverture du testament.
Les archives sont fragiles. Pour rappel, il est interdit d’ouvrir par vous-même un testament resté clos.
Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG d'avril 2026 sur le thème imposé "un testament".
© 2026 Généalanille - Article publié le 20 avril 2026.












