Une de vos ancêtres a-t-elle été catherinette ?

Tous les ans à la Sainte Catherine, de jeunes femmes de 25 ans se retrouvent affublées d’un chapeau jaune et vert pour une journée. D’où vient cette tradition et comment retrouver dans les archives des traces de catherinettes de votre famille ?

Catherinette

La sainte Catherine

Quand Catherine d’Alexandrie refuse de se marier à l’empereur Maxence, elle est loin d’imaginer que sa mort par décapitation en 307 fera d’elle une sainte et, qui plus est, sera célébrée des siècles plus tard par de nombreuses jeunes filles célibataires, d’au moins 25 ans.

Sainte Catherine est également, entre autres, célèbre pour le dicton « A la sainte Catherine, tout bois prend racine !», symbole d’une période propice aux opérations de bouturage des arbres et arbustes.

Des « jeunes filles » « vieilles filles »

Depuis le Moyen-Age, les jeunes filles de 25 ans non mariées coiffaient, pas uniquement leur tête, mais surtout celle d’une statue de ladite sainte dans l’espoir de trouver un mari.

En replaçant la situation dans le contexte de l’époque, il faut envisager que l’espérance de vie était plus faible qu’aujourd’hui, laissant à penser qu’avoir des enfants à 25 ans était déjà tardif. Par ailleurs,  que si une fille n’avait pas trouvé un mari à cet âge, elle devait être considérée comme quelqu’un qui potentiellement allait devenir une « vieille fille », sans pour autant présager qu’elle ait un problème physique ou mental…

Au fil du temps, les mentalités, les habitudes mais aussi l’espérance de vie ont évolué, rendant une jeune fille célibataire de 25 ans une personne « normale » dans une société laïque, c’’est à dire non privée d’espoir d’être aimée, et non obligée de s’engager dans les liens du mariage.

La tradition du bonnet ou du chapeau

La tradition de la coiffe, du bonnet ou du chapeau a perduré au fil du temps. De nos jours, il ne conserve généralement que deux couleurs : le jaune et le vert, symbolisant l’union et l’espérance. Mais selon le métier exercé, il peut être agrémenté d’objets (ou de leur représentation) en lien avec la profession exercée par la jeune fille, qui, signe des temps, travaille.

Ainsi la tradition perdure dans certaines entreprises, même si certaines jeunes filles n’ont pas l’innocence présumée des catherinettes d’antan. La Sainte Catherine est l’occasion d’une journée festive, parfois relayée par la presse ou par les réseaux sociaux et dont collègues et clients profitent pour raconter leurs souvenirs. Quant à l’accord préalable de la jeune fille pour lui célébrer son âge, il n’est pas certain que son consentement soit demandé…

Quelles traces dans les archives ?

Si vous voulez retrouver la trace d’une catherinette dans les archives, il vous considérer que les pistes sont assez restreintes :

  • la presse, d’une manière générale, et plus certainement celle du XXe siècle ;
  • les archives familiales de la Catherinette ou des membres présents à la journée de célébration ou de cartes échangées pour l’occasion ;
  • les archives de l’entreprise si la Catherine a fêté cette journée dans le cadre de son travail ;
  • les archives d’associations qui auraient organisé un événement particulier (élection, tombola, fête, bal, concours de beauté…) ;
  • plus spécifiquement pour les personnes embauchées par une institution ou une administration, dans les archives publiques (célébrations, réceptions, photothèques…) ;
  • de manière exceptionnelle, vous pouvez trouver des listes de personnes présentes dans un cortège religieux pour la célébration de Sainte Catherine ;
  • en interrogeant votre famille sur les traditions et coutumes locales ;
  • d’une manière détournée dans les archives liées à la police pour des contraventions pour tapage, ivresse voire des bagarres !

Et pour les garçons ?

N’oublions pas que dans une moindre mesure, les « vieux garçons » âgés de 30 ans ont également leur cérémonie qui prend place le jour de la Saint Nicolas.

Une méthode de recherche

Vous l’aurez compris, les traces de catherinettes ne sont pas simples à retrouver. Vous pouvez vous commencer par vérifier l’âge au mariage de vos ancêtres dans votre logiciel ou application de généalogie, puis, selon la période, vous pourrez envisager de chercher articles de presse ou photos d’époque pour étayer votre intuition.


Bonnes recherches.


© 2024 Généalanille Article publié le 25 novembre 2024

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