Le vitriol du désespoir

Elle s’est assise sur une chaise près de la table dans sa chambre. Elle a pris le chapeau de son défunt mari, l’a fixé sur ses genoux avec une épingle et a bu du vitriol.

Une veuve de 40 ans

Justine Garric habite Villefranche de Rouergue. Alors qu’ elle vient d’avoir 40 ans , son mari Jean Baptiste Galan meurt. Il ne lui reste que deux enfants. Un garçon âgé de 5 ans et une fille de 3 ans. Deux autres sont déjà morts. Une fille après 4 mois et un garçon de 10 mois et demi en ce début d’année.

8 jours de désespoir

Vivre seule, élever ses enfants seule, cela semble insurmontable pour Justine. C’est probablement pour cette raison que les voisins remarqueront qu’elle a de « fréquents accès d’aliénation mentale. »

Sans ressources et obligée de recourir à la charité publique, elle manifeste son intention de se suicider et « les douces paroles et rassurantes promesses » prononcées par les voisins ne parviennent pas à l’arracher de ses idées noires.

Deux ou trois jours après le décès de Jean Baptiste, elle emprunte pour un sou de vitriol à Catherine Bories veuve Costes. Elle prétend qu’elle veut frotter son cuivre. Il faut bien tromper son chagrin et occuper son esprit.

Un suicide regretté

On est le 19 juillet 1887. Il est 17H. Elle s’installe avec le chapeau de son mari sur les genoux et elle boit le vitriol . Mais le poison n’est pas aussi facile à avaler qu’un bon verre de vin. Peut-être la brûle-t-elle ?

Mme Dumoulin, la voisine, entend des cris de désespoir. Elle prévient Mr Galan, le beau père de Justine qui accourt et la trouve inconsciente. Il la frictionne avec de l’eau de vie et fait appeler le docteur qui lui donne un vomitif.

Justine peut prononcer quelques mots. Elle explique s’être empoisonnée avec le vitriol « mais qu’à présent elle regrettait de l’avoir fait . »

Justine ne mourra que le lendemain matin dans son lit…

Sources: 4M132-AD12, Le Narrateur

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