Viard François, mort pour la France

François Viard est né le 20 juin 1894 à la Commanderie à Rigny sur Arroux de Joseph et Anne Moreau. La famille retourne s’installer à la Bise à Grury (commune où sont nés les ainés) au début du 20 ème siècle.

Trois frères: mobilisé, réformé et ajourné

Quand survient la mobilisation générale, les garçons ont des destins différents. Antoine rejoint le 29 ème RI, Louis Hippolyte est maintenu réformé.

François n’a que 20 ans. Sa classe sera cependant appelée dès le 1 er septembre 1914, mais il est inscrit sur la 5 ème partie de la liste de 1914  : « ajourné ». L’année suivante, il est bon pour le service et rejoint le 149 ème régiment d’infanterie le 9 septembre 1915.

Après quelques mois d’instructions, il rejoint probablement ses camarades au front vers le début de l’année 1916. Les hommes viennent de passer 13 mois consécutifs dans l’Artois.

Verdun puis la Champagne

Mais la bataille de Verdun vient d’éclater en ce mois de février 1916, les hommes sont transportés sur cette nouvelle zone et se battent pour reprendre et conserver Vaux devant Damloup.

Les hommes passent 4 semaines dans les tranchées avant d’être mis au repos à Landrecourt. Et puis c’est le retour au front, cette fois ci en Champagne entre les buttes de Tahure et de Mesnil où ils se battent pendant 3 mois.

En renfort au 312ème RI

Le 149 ème RI va être réembarqué pour la Somme. François Viard, lui, est affecté en renfort avec le 312 ème Régiment d’infanterie le 26 juillet 1916. Il rejoint ses troupes vers Sivry la Perche (55) accompagné de 43 autres soldats, de 6 sergents et d’un sous lieutenant.

Reproduction de tranchées pour s’entrainer

Le 1 er aout, un concours de lancement de grenades est organisé. Les hommes s’entrainent aussi à tirer au fusil mitrailleur. Ce sont de véritables exercices avant de retourner au front.

Le 5 août, le 312 ème RI est dans les tranchées et les hommes font les travaux qui leur sont affectés sous de gros bombardements. Une note secrète indique qu’une attaque est prévue sur Boivin. Il faut transporter le matériel et vérifier les informations des patrouilles.

Les 12 et 13 aout, le régiment doit construire des abris pour les chevaux, pour les cuisines. Il s’entraine encore au tir de grenades mais aussi à la construction d’un réseau de fil de fer grâce à une reproduction des tranchées allemandes .

Le lendemain, c’est un exercice d’attaque de tranchée qui est au programme.

Le régiment repart au front dans la nuit du 16 au 17 août 1916. Toujours dans le secteur du Mort Homme. Le classement du concours de grenadier vient d’être annoncé, mais les hommes sont occupés aux travaux d’aménagement des abris pour les soldats et pour le central téléphonique.

Nouvelle organisée par tranches

Les 28 et 29 aout 1916, de nouveaux ordres arrivent et le secteur est réorganisé en tranches. Le 312 ème RI occupe celle de la Hayette.

Les bataillons doivent se relever tous les 6 jours dans les tranchées.

Pour ce premier roulement, les premières lignes sont investies par le 4 ème bataillon avec la 14 ème compagnie sur la droite (Sonnois-Central) et la 15 ème compagnie sur la gauche (Fontenoy).

Une attaque de 10 minutes

Le 2 septembre 1916, François Viard affecté à la 15 ème compagnie est dans les premières lignes. 500 obus de 105 et de 150 sont envoyés par les allemands entre 7H30 et 10H30. Les hommes tentent de réoccuper le barrage mais le feu incessant d’une mitrailleuse installée dans la tranchée de Biaches les empêche d’avancer.

Vers 21H40, un feu violent d’artillerie est déclenché brusquement sur Fontenoy pendant qu’un groupe de grenadiers allemands remontent le vallon pour attaquer entre le barrage et Fontenoy.

Le combat n’a pas duré 10 minutes, mais parmi les hommes qui se sont battus à la grenade ou au révolver se trouve François Viard.

Tué au combat à Mort_Homme, François Viard avait 22 ans.

Une tombe pour deux frères

Son corps est rapatrié à Grury le 8 juillet 1922. Sur sa tombe, les parents ont fait graver un hommage à son frère Antoine, disparu au combat 2 mois plus tôt.

 

Sources : 5E370-AD71, 6M Grury-AD71, 1R RM Autun 1914, 26 N 747/11 sga mémoire des hommes, historique du 312ème RI

© 2016 Généalanille - Article publié le 2 septembre 2016

 

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