Naturalisation et ancêtre empailleur

Vous avez probablement déjà rencontré un animal naturalisé et, selon le contexte, vous avez pu trouver cela intriguant, fascinant, ou effrayant. Quelles archives peut-on retrouver sur les activités de naturalistes, de taxidermistes ou d’empailleurs ?

Empailleur, naturaliste, taxidermiste ?

La naturalisation consiste à donner aux animaux morts l'aspect qu'ils avaient de leur vivant. Les personnes qui réalisent cette opération étaient à l’origine des naturalistes, c’est-à-dire des personnes qui étudiaient l’histoire naturelle, soit localement, soit dans le cadre de voyages.

A partir du milieu du XIXe siècle, on voit apparaitre la notion de taxidermie. Le taxidermiste est capable de naturaliser des animaux de toute taille (par exemple des insectes). Il utilise des techniques et des matériaux différents et plus élaborés que les empailleurs.

Les empailleurs tirent leur nom d’un des matériaux, la paille, qu’ils utilisaient pour reproduire le corps de l’animal.

Pourquoi naturaliser ?

La naturalisation avait pour but de conserver des espèces animales qui étaient présentées :

  • dans les musées (nationaux, municipaux, voire scolaires) ;
  • dans les cabinets de curiosités des particuliers ;
  • chez les particuliers, à titre de trophée de chasse, ou comme objets de décoration (paon, écureuil…).

Aujourd’hui, les taxidermistes travaillent également pour des particuliers (naturalisation d’animaux familiers), pour les publicitaires, les cinéastes ou certaines entreprises (décoration).

Un ancêtre empailleur ?

La technique d’empaillage a pu être maitrisée par un de vos ancêtres. Grâce aux différents ouvrages publiés (certains sont numérisés sur Gallica), grâce à un grand sens de l’observation de la nature, grâce à la pratique, un de vos ancêtres a pu devenir empailleur. Les compétences requises n’étant pas réservées aux hommes, il vous faut aussi penser à regarder du côté de vos ancêtres femmes, en particulier au XXe siècle.

En dehors des grandes agglomérations, il est probable que ce ne soit pas le métier principal, mais une activité d’appoint de votre ancêtre (voyez par exemple l'abbé sur la première illustration de cet article).


Quelles archives consulter ?

Quelles archives permettent de retrouver la trace d’un ancêtre empailleur ?

  • S’il s’agit du métier principal de celui-ci, vous trouverez des pistes dans les documents administratifs utilisés classiquement par les généalogistes (état civil, recensements, minutes notariales, etc.). Mais qui dit activité principale, dit commerce. Vérifiez donc les échanges financiers (actes notariés ou sous seing-privés), les déclarations de commerce et documents commerciaux (papier à entête par exemple), les annuaires (de tous types), les participations à des salons spécialisés, et les archives privées déposées. A noter, ce type de profession n’était pas soumis à la loi sur les établissements dangereux, insalubres ou incommodes.
  • S’il s’agit d’un naturaliste, pensez à vérifier s’il a présenté ses œuvres (musées, sociétés savantes, …) et vérifiez par conséquent les archives qui peuvent en découler (délibérations dans des archives privées, publications dans des revues spécialisées ou dans la presse).
  • A défaut, il est probablement que vous ne découvriez pas de trace de cette activité, si ce n’est pas une transmission orale ou par le biais des archives familiales.

Et aujourd’hui ?

Le syndicat des Naturalistes Taxidermistes de France précise sur son site internet : « Actuellement en France 90% des espèces sont protégées par la loi de 1976 appliquée à partir de 1982. Ce qui signifie que seulement 10% des espèces sont libres à la naturalisation. »

Le métier de taxidermiste existe toujours et est très règlementé.  C’est un métier artisanal rare dont les activités ont évolué au fil du temps et dont le savoir-faire, en particulier pour la conservation des animaux déjà naturalisés est indispensable.

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de mai 2024 sur le thème imposé "un naturalisé".
Illustrations : coll. C. Cheuret
© 2024 Généalanille Article publié le 24 mai 2024
6 avril 2026
Comment s’est déroulé le retour des cloches après la Révolution française ? Entre échange de cloche, effaçage des inscriptions, quelques exemples de contentieux entre les paroisses aveyronnaises...
30 mars 2026
Les délibérations de conseil municipal sont un des outils à utiliser pour retracer l’histoire de sa commune, mais ils peuvent également donner de précieuses indications en généalogie.
23 mars 2026
Faut-il utiliser le répertoire chronologique ou le répertoire analytique pour retracer la vie d’un commerce ? Quelques pistes pour bien choisir.
16 mars 2026
A quoi servait le certificat de bonne vie et mœurs ? Où en trouver la trace dans les archives ? Est-ce un document fiable pour compléter l’histoire familiale ?
9 mars 2026
La liste électorale, du fait de sa mise à jour régulière, peut être considérée comme une forme de recensement annuel. Elle est très utile en généalogie....
2 mars 2026
Votre ancêtre est-il devenu chasseur d’orage et observateur de phénomènes météorologiques pendant le Second Empire ? Observer, compiler les données et prévoir le temps à venir…
23 février 2026
Une signature peut sembler un geste anodin, pourtant il demande une certaine forme de dextérité et d’apprentissage pour devenir un élément d’identification.
16 février 2026
Torrides ou prudes, les lettres d’amour de nos ancêtres nous montrent flirt, séduction, passion… ou adultère.
9 février 2026
« Par préciput », « en avancement d’hoirie », « hors-part » sont des expressions que l’on croise en généalogie. A quoi correspondent-ils ?
2 février 2026
Peut-on retrouver la trace d’un duel dans lequel un de vos ancêtres est impliqué, en tant que participant ou en tant que témoin ? Pourquoi se battre en duel ?
Voir plus d'articles