Le soutien de famille dans les archives militaires du 19ème siècle

Pourquoi faut-il porter son attention sur un ancêtre soutien de famille dans les archives militaires ? Quelles informations peut-on apprendre sur l’environnement familial ?

Jeune homme bêchant

Quelques exemples

Voici quelques exemples d’une « liste par ordre de mérite des jeunes soldats que le Conseil de Révision présente comme susceptible d’être laissés dans leurs foyers à titre de soutiens indispensables de famille ».


« Six enfants dont deux estropiés. Le père a 50 ans et la mère 70, elle est infirme. Contributions 5 f 85 c. »


« Deux enfants. Le père a abandonné sa famille. La mère a 61 ans, elle est atteinte de rhumatismes aux bras et aux jambes. Contributions 2 f 12 c. »


« Cinq enfants. Le père est aliéné. La mère est décédée. Contributions 7 f 76 c. »


« Deux enfants. Le père est estropié marchand avec des béquilles. La mère est usée par la fatigue. Indigents. »


« Quatre enfants. L’ainé est aliéné. Le père est décédé. Contributions 28 f 48 c. »


Si le nombre d’enfants peut facilement être connu par d’autres ressources, le niveau de vie et surtout l’état de santé de la famille sont moins souvent indiqués dans les archives. A ce titre, les documents sur les soutiens de famille sont une ressource intéressante pour compléter l’histoire familiale.


Un quota déterminé

« Un homme n’est indispensable soutien de sa famille que lorsqu’il pourvoit, par son travail, à la subsistance de son père, de sa mère, ou de ses frères et sœurs ». Telle est la définition du ministre de la guerre dans sa lettre aux préfets du 1er février 1815.


Il faut attendre l’article 22 de la loi du 27 juillet 1872 pour voir la notion de « soutien de famille » dans les lois militaires. Cependant, les différentes circulaires évoquent, bien avant 1872, cette dispense, notamment pour en préciser un quota.

Le quota du contingent susceptible d’être admis au statut de soutien de famille est fixé annuellement. Il varie de 1% à 2% et est diffusé par voie officielle. Ce quota permet de limiter le laxisme des instances décisionnaires (maires, préfets, …) et de classer par « par ordre de mérite » les jeunes gens.


Soutien de famille, une chance ?

Est-ce une chance d’être soutien de famille ? Si on juge par le biais du quota et donc de la faible probabilité d’être admis comme soutien de famille, il faut être chanceux d’obtenir ce statut.

Par ailleurs, si l’on considère que les jeunes gens devaient consacrer jusqu’à sept ans de leur vie au service militaire, en être dispensé pouvait être un réel soulagement pour la famille.

 

Cependant, cette situation est provisoire. Elle peut être révisée de manière régulière. De plus, s’il est envisagé que les soutiens de famille ne reçoivent pas d’ordre de mise en marche, et restent donc dans leur foyer, il n’en reste pas moins possible qu’ils soient convoqués sous les drapeaux, soit pour un service effectif, soit pour des exercices.

Enfin, peut-on se considérer chanceux quand sa famille n’est pas en état physique de pouvoir travailler ?

 

Comment devenir soutien de famille ?

Pour devenir soutien de famille, le conscrit devait produire des justificatifs de revenu et un certificat signé du maire et de 3 témoins (généralement pères du canton)  sur la composition de la famille et les infirmités empêchant de travailler. Ces documents étaient transmis au préfet au moment du conseil de révision, qui, de part sa présence sur le terrain, pouvait en profiter pour obtenir des informations auprès des instances locales.

La dispense du soutien de famille était temporaire : elle pouvait survenir ou disparaitre au cours des années où le jeune conscrit était soumis à ses obligations militaires. Une surveillance était donc organisée pour vérifier si la dispense était toujours valable ou non.


Quels fonds d’archives ?

Les documents d’archives à consulter pour les soutiens de famille au 19ème siècle sont principalement :

-       Les séries militaires avec parfois des sous séries dédiées aux dispenses (archives départementales)

-       Les fonds liés aux sous-préfectures (archives départementales)

-       Les archives communales (déposées ou non).


Votre ancêtre a-t-il été soutien de famille ? A vous de vérifier !


Image d'illustration
© 2023 Généalanille
Article publié le 25 septembre 2023
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