Le fermier du pont

Au début du 19 ème siècle, des ponts suspendus sont établis au dessus de rivières. Ils sont soumis à un droit de péage qui est perçu par un homme : le fermier du pont.

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La construction des ponts suspendus

Plusieurs ponts suspendus sont construits au début du 19 ème siècle. Après établissement d’un cahier des charges strict, la construction est adjugée à une entreprise chargée de réaliser l’ouvrage.

Le pont est soumis à un test de charge . Puis, si le test est réussi, le pont peut être livré au public et la perception du péage est autorisée.

Un test décisif

Les tests réalisés vers 1840 consistent à déposer par exemple 200kgs de sable par mètre carré de superficie. On dépose le sable grâce à des chariots à bascule mis en mouvement par des hommes ou des chevaux  placés aux extrémités et en dehors du pont. L’idée étant d’éviter toute présence humaine sur le pont.

Un échafaudage est construit pour vérifier l’état du pont. Il est éclairé de jour comme de nuit et les abords sont surveillés par des gardes pour éviter tout franchissement interdit.

Des mésaventures ont montré qu’en cas de pluie, le sable se gorge d’eau et devient plus lourd. Cette multiplication de poids a parfois mis en péril le pont. Le sable a donc été remplacé pour les tests suivants par du gravier.

Pendant toute la durée du test, le concessionnaire a à sa charge de mettre en place un passage provisoire pour piétons à l’aide de bacs ou bateaux. Pour les chargements et véhicules, la circulation reste interdite.

Le prix du péage

L’administration établi les tarifs du péage et les publie de manière officielle. Ils varient selon l’âge, ce qui est transporté.

Quelques personnes sont exemptées de payer : le préfet et le sous préfet en tournée, les gendarmes lorsqu’ils sont en fonction, le cheval et la charrette servant au transport des prisonniers…

Le fermier du pont

Alors que les ponts sont construits, réparés et gérés par des sociétés commerciales, c’est un homme de terrain qui assure le quotidien du pont. Nommé par un acte notarié ou sous seing privé, le fermier du pont est chargé :

  • de percevoir les droits de péage ;
  • de nettoyer et (faire) balayer (pas de boue, d’ordure ou de neige) régulièrement le pont ;
  • d’organiser les visites annuelles de contrôle;
  • de payer les frais d’éclairage ;
  • de veiller à respecter le poids maximum autorisé ;
  • d’avertir la société commerciale et signaler tous travaux importants à engager ;
  • et de payer un loyer annuel !

La fin d’un bail

Établi pour une durée déterminée, parfois 3 ans, parfois 10 ans, le bail peut être prorogé ou résilié.

Le fermier a des clauses parfois particulières  : si le pont est hors service, il doit continuer de payer son bail. Si un autre pont est construit dans la ville, ou si tous les ponts de la ville sont hors service, son bail peut être résilié.

Le métier de fermier de pont s’est compliqué dès 1850 suite à l’ incident survenu à Angers. Outre les visites annuelles prévues dès 1846, le fermier s’est vu chargé de veiller à faire respecter les lois sur le roulage, et notamment la charge maximale autorisée sur le pont.

« L’évaluation par l’examen des lettres de voitures n’est praticable que pour le roulage proprement dit, et, le plus souvent, le refus d’exhibition de la part des rouliers rendrait la vérification impossible. »

Faut-il peser les véhicules, évaluer leur tonnage en fonction de leur chargement, limiter le nombre de voitures en même temps ? Pas question de trop descendre les limites.

« Il importe en effet de ne pas placer la circulation dans des conditions moins favorables que celles où elle se trouvait avant la loi du 30 mai 1851. »

Le rachat des ponts

Les enjeux des ponts suspendus sont économiquement tels que la plupart des conceptions seront progressivement rachetées par les communes et départements. Évaluation de l’état, test de charges, enquête d’utilité publique et financement du rachat par les communes et des souscriptions particulières complètent le dossier conservé aux archives.

Un ancêtre fermier de pont?

Les baux de fermiers sont à rechercher :

  • en série S travaux publics et transports
  • dans la série Q : enregistrement de l’acte public ou sous seing privé, table des baux, répertoire général (selon la période)
  • dans les actes notariés (si le bail est fait devant un notaire).

Je vous conseille également de vous reporter au site Art et histoire

Sources: 63S-AD12

Cet article a été réalisé dans le cadre du challenge UproG de août 2020 sur le thème imposé “un moyen de locomotion”.

© 2020 Généalanille

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