A la place d’un autre

Epilogue : en 1948 Carle Schumann, Gerhard Wurm et Gerhard Weiss sont raccompagnés à la gare de Kehl pour être entrés clandestinement en France en se substituant à 3 compatriotes travailleurs libres.

Pour finir le contrat

Carle Schumann a 17 ans. Il est arrêté à la cimenterie de la Buscalie par les gendarmes d’Aubin. C’est Bruno Rascker interprète qui traduit.

Qui est-il ? Comment est-il entré en France ? Il porte sur lui les papiers d’Erhard Gabler et ne tarde pas à dévoiler sa réelle identité. Il est entré en France le 25 mars 1948 avec les différents papiers (cartes alimentation, contrat de travail, certificat de libération du camp du Larzac) sans être inquiété.

Son camarade n’a pas voulu revenir en France c’est donc lui qui est venu le remplacer et finir son contrat. Il porte un pantalon en drap marron à rayures blanches, une veste à rayures blanches, un tricot marron, des souliers bas jaunes et une casquette. Les gendarmes le fouillent et le dépossèdent de ses richesses : 1057 francs et un couteau de poche.

Du fait de son jeune âge, les juges seront cléments avec lui (3 jours de prison en moins !)

Pour remplacer son frère malade

Gerhard Weiss a 21 ans. Il est, lui aussi, arrêté à la cimenterie de la Buscalie par les gendarmes d’Aubin et interrogé grâce à l’interprète Bruno Rascker.

Ses papiers ? Ce sont ceux de son frère Werner qui a 6 ans de plus que lui. Il n’a pas pu revenir en France parce qu’il était malade.

Il est dépossédé de ses 527 francs trouvés dans son portefeuille de cuir jaune.

Ce n’était pas le même homme

Gerhard Wurm a 21 ans et est arrêté par les gendarmes au baraquement de Bourran à Decazeville avec les papiers de Gerhard Panze.

Le 22 mars 1948, alors qu’il était en Allemagne à la Reichann, compagnie des chemins de fers allemands à Fribourg, il a fait la connaissance d’un travailleur libre venant de Decazeville et en congé dans sa famille. Il a proposé de le remplacer et a échangé ses papiers. Il est revenu à Decazeville et n’a eu aucun contrôle sur son chemin. Gerhard désire rester en France comme travailleur libre.

C’est le chef de service de la main d’œuvre qui a signalé que le brun aux yeux bleus d’un mètre 65 qui était revenu au travail n’était pas le même homme.

L’aide de l’avocat

C’est Me Colombié qui est chargé de la défense des deux Gerhard. Il propose au juge que lui-même et son voisin Mr Calvet emploient ces ouvriers pour une durée d’une année pour les travaux agricoles sur leurs propriétés.

La décision préfectorale de refoulement de juillet 1948 est temporairement retardée. Les deux hommes sont autorisés provisoirement à travailler comme ouvriers agricoles sur les communes de Maleville, St Rémy et Villefranche. Mais Gerhard Wurm « refuse de travailler ». Son maitre ne souhaite donc pas renouveler son titre provisoire. Il précise que dans les déplacements qu’ils effectuaient les jours de semaine, ses ouvriers allaient jusqu’à Decazeville, commune qui leur était interdite.

Le refoulement du sol français leur est notifié le 29 juillet. Et les deux expriment le souhait de quitter la France par Forbach…. Le 1er août 1948, les 3 hommes sont raccompagnés à la gare de Kehl… vers Strasbourg !

Source : 21W-AD12, 325W-AD12


© 2019 Généalanille - Article publié le 6 aout 2019

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