Une journée en Angleterre en 1955

Une journée en Angleterre sans passeport, c’est l’opération prévue entre France et Royaume Uni pendant l’été 1955.

Un accord entre les pays

Les 19 et 20 mai 1955, les gouvernements de la France, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord se réunissent à Londres afin d’étudier la possibilité de mettre en place des excursions d’une journée sans passeport entre la France et le Royaume-Uni. L’accord ne vaut que pour la période du 17 juin au 30 septembre 1955, mais il pourra être revu après cette période d’essai.

Pas de passeport

Par défaut, pour les personnes ayant déjà un passeport, les modalités de voyage restent les mêmes : ils peuvent voyager entre les deux pays en montrant cette pièce d’identité. Pour les autres, la procédure estivale leur permet d’acheter un billet pour la journée et de ne fournir que des photos d’identités : une pour les français (qui doivent avoir leur pièce d’identité s’ils ont plus de 16 ans) et trois pour les anglais.

Une journée pas plus

L’arrangement entre les pays prévoit que l’excursion ne doit pas durer plus d’une journée, c’est-à-dire que les voyageurs quittent l’un ou l’autre des pays et y revient dans la même journée, entre minuit et minuit. Il est donc difficile de prévoir un déplacement dans certains lieux plus éloignés dans les terres à moins d’avoir pu prendre un bateau pour une traversée tôt le matin ou tard le soir.

Les célèbres Hovercraft ont permis plus tard de réduire la durée de traversée à 35mn contre 2 heures pour un ferry.

Les ports concernés

Dans les modalités pratiques, seuls certains ports sont concernés. Les voyageurs peuvent embarquer ou débarquer dans les ports anglais de Southend, Gravesend, Folkestone, Eastbourne et Newhaven. Ils peuvent débarquer ou embarquer dans tous les ports de la côte française de Dunkerque à Brest inclus. Attention cependant, la circulaire précise que pour aller à Newhaven, seul le port de Dieppe pourra être utilisé… et probablement pas avant le 16 juillet 1955.

Il est à noter que le cas des îles anglo-normandes n’a pas été évoqué lors de la rencontre du mois de mai et n’est donc pas accessible pendant l’été 1955 sans passeport.

Par ailleurs, les excursions étant organisées par des entreprises officielles (on évoque le nom de la SNCF comme seul organisme habilité), il n’est pas possible d’utiliser les services d’un particulier et de son navire pour aller caboter sur les côtes du pays voisin si on n'a pas de passeport.

Respecter les consignes

Pour chacun des ports concernés, toute personne n’ayant pas les billets et photos d’identité ou n’ayant pas la nationalité française ou anglaise et voyageant sans passeport peut se voir refuser le débarquement dans l’un des deux pays. Elle sera alors rembarquée à son point de départ. Par ailleurs, toute personne n’ayant pas rejoint son pays avant minuit sera en contravention avec la loi et recherchée.

Une histoire qui se répète

Les moyens pour se déplacer entre France et Angleterre ont évolué au fil du temps : bateau individuel, ferry, hovercraft, avion, navette du tunnel sous la Manche. Ils permettent, ou non, l’utilisation de son propre automobile sur le sol étranger.

Les modalités administratives ont-elles aussi évolué au fil du temps, parfois en faisant revenir des conditions déjà éprouvées (passeport), voire en en fixant de nouvelles (ETA). Chacune de ces règlementations donne l’opportunité de pouvoir retracer l’histoire d’un ancêtre grâce aux registres, et listes de demandeurs. Bien entendu, il faut également fouiller dans les archives familiales pour retrouver les passeports, photographies de vacances ou cartes postales.

Sur des périodes récentes, n’hésitez pas à interroger famille et amis sur leurs souvenirs.

© 2026 Généalanille - Article publié le 17 aout 2026

Documents : C. Cheuret

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