Baudin Jean, mort pour la France

Jean Baudin est né le 23 février 1873 à La Chapelle au Mans au lieu-dit Pailloux. Ses parents, Gabriel Baudin et Charlotte Muet, après avoir longtemps habité le hameau de Montpalais à Grury, y exercent la profession de journaliers. Ils décèdent en 1881 et 1883. Jean Baudin part alors travailler comme cultivateur à Cressy sur Somme.

L’armée avant le mariage

A 20 ans, c’est l’heure de la conscription. Jean Baudin est affecté au 19 ème bataillon de chasseurs à pied pour faire sa période militaire. Après 3 ans sous les drapeaux , il revient à Cressy le 19 septembre 1897.

Deux mois plus tard, il épouse Jeanne Goudier à Tazilly (58) et leur fille Jeanne nait en aout 1898 au lieudit Crevant à Grury. La famille déménage à Chizeuil, commune de Cressy sur Somme au début du 20 ème siècle avant d’habiter la Croisette à Grury en 1914.

Un territorial aux GVC

Quand arrive l’heure de la mobilisation générale, Jean Baudin a 41 ans. Il est dans la réserve de l’armée territoriale mais il n’est pas libéré de ses obligations militaires. Il part donc rejoindre le 63 RIT le 2 septembre 1914 à Autun. Le gros du régiment est parti les 9 et 10 aout pour Besançon.

Jean Baudin est affecté au service des gardes des voies de communication du 17 septembre au 26 octobre 1914. Surveiller des voies ferrées, des canaux, des réseaux téléphoniques stratégiques, c’est la fonction assignée aux GVC.

Retour chez les chasseurs à pied

Le 6 novembre 1914, il est affecté au 4 ème bataillon de chasseurs à pied . A cette épode, ce régiment s’apprête à être transporté à Saint Pol sur Ternoise pour participer à la bataille des Flandres.

Les troupes sont positionnées à proximité de Saint Eloi (Belgique) dans les jours suivants.

Les journées du 11 au 14 novembre 1914 sont particulièrement meurtrières. Quand le 4 ème BCP est enfin relevé, il ne peut se reformer qu’avec 4 compagnies par bataillons au lieu de 6.

Les hommes repartent au front à Langemarck deux jours plus tard et tentent de s’organiser dans les tranchées.

Le 14 décembre, une attaque est prévue en collaboration avec l’armée britannique . Les terrains sont détrempés et les tranchées remplies d’eau. La 2 ème compagnie parvient à faire 40 mètres mais ne peut pas aller plus en avant sous le tir ajusté des allemands. De nouvelles attaques sont tentées les jours suivants, tout autant meurtrières que les précédentes.

Début janvier, alors que l’ennemi ne tente aucun mouvement, les hommes sont occupés à l’assèchement des tranchées et à la construction de boyaux de communication.

Retour chez les territoriaux

A compter du 26 février 1915, la 11 ème division ne doit plus disposer de bataillon territorial. Jean Baudin est alors affecté au 28 ème régiment d’infanterie territoriale . Ce régiment est à Arras en ce début d’année 1915 et son régiment est chargé de garder les tranchées, mais aussi de travailler sur la création de boyaux de communication. Le journal de marche égrène le nom des blessés ou des morts par éclats d’obus.

A partir du 25 avril 1915, l’ensemble du régiment est affecté aux travaux dans les boyaux de jour comme de nuit sauf les hommes nécessaires à la garde des issues qui sont prélevés dans le 3 ème bataillon. Cette organisation perdure jusqu’au 6 mai 1915 où une attaque générale se prépare.

La tâche des territoriaux est détaillée le 17 mai : alors que certains vont clairement en première ligne, d’autres sont affectés au service de place, à la disposition du colonel, au transport de matériel et de munition, à la garde des dépôts de vivres ou de munitions, à l’inhumation des morts, la garde des prisonniers ou du piquet et comme évoqué précédemment aux travaux de construction ou restauration des boyaux.

Les hommes continuent quotidiennement le ravitaillement des premières lignes en munitions notamment pendant les combats de Carency. Cette « corvée » génère des pertes humaines régulières.

Départ pour l’Argonne

Le 7 juillet 1915, la 84 ème division est dissoute. Le 28 ème RIT est affecté au 10 ème corps d’Armée et devient réserve d’infanterie.

Le dimanche 25 juillet, les 3 bataillons sont embarqués en automobiles à destination de leur cantonnement de repos au sud ouest d’Amiens. Ils quittent les lieux le 31 juillet à destination de la Meuse (Nettancourt). Une semaine plus tard, c’est le départ pour l’Argonne : Florent en Argonne, La Harazée et Vienne le Château.

Les hommes recommencent leurs travaux dans les boyaux ou de défense des lignes. Les pertes par éclats d’obus sont quasi quotidiennes. Le 5 septembre, le sergent Fuchet tire sur un avion ennemi et abat le caporal Boulay qui sortait à ce moment précis de l’abri N°4 de la citadelle de Vienne le Château.

Commis et Ouvriers d’Administration

Jean Baudin est affecté à la 12 ème section de COA le 28 novembre 1915. Ces commis et ouvriers d’administration sont généralement appelés à des tâches liées à l’intendance.

Le temps continue de s’égrener avec son lot de pertes humaines, parfois dans des circonstances accidentelles comme ce 25 janvier 1916 où les exercices de lancement de grenade finissent mal.

Un énième obus

Jean Baudin est tué par des éclats d’obus à Vienne le Chateau le 2 mai 1916 comme plusieurs soldats de son régiment. Il avait 43 ans.

Il est enterré à la nécropole nationale de Florent sur Argonne dans la tombe N°621 .

Il est inscrit au tableau spécial de la médaille militaire.

Sources: 5E88/9-AD71, 6M Recensements Grury, Cressy, La Chapelle-AD71, 1R-RM Autun-AD71, 26N817/1-sga, 26N817-2-sga, 26N779/9-sga, 26N779/10-sga, Le miroir-Gallica

© 2016 Généalanille Article publié le 2 mai 2016

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