Il s’est déshabillé et a déserté – Mexique 1866

Martial Goudier est le 7 ème enfant de François Goudier et de Marie Rebichon. Trois autres enfants naitront après lui.

François Goudier est drapier au moment de son mariage en 1819 à Toulon sur Arroux (dont il est originaire), puis la famille habite sur la route de Bourbon à Gueugnon après la naissance de leur premier enfant. François Goudier devient marguillier, puis parfois marguillier-matelassier (en 1837 et 1841) avant de devenir facteur aux postes ou facteur rural de Gueugnon (avant 1844).

Il décède en février 1855 à Gueugnon et laisse 4 enfants mineurs dont Martial qui a 20 ans quelques mois plus tard.

 

Martial Goudier exerce la profession de cisailleur quand il est recensé pour l’armée. Le garçon d’1,62m sait lire et écrire. Bon pour le service, il est affecté au 102ème de ligne et porte le numéro 2363 sur la liste du contingent classe 1855. Il part comme appelé le 5 avril 1856 et arrive au corps 22 jours plus tard.

On ne trouve aucun autre renseignement sur le registre de recrutement et c’est un peu par hasard qu’on retrouve sa trace tout d’abord à Lyon rue Magenod en 1863 puis dans les archives des déserteurs .

L’avis de recherche date du 12 juillet 1870. Martial Goudier est officiellement libérable le 17 juillet de la même année, quelques jours avant le début de la guerre de 70.

On y découvre ses états de service depuis l’incorporation de 1856.

Du 102ème de ligne, Martial Goudier est affecté un mois après son arrivée au 83 ème de ligne comme fusilier. Le régiment ne participe ni à la guerre de Crimée, ni à celle d’Italie .

Il devient voltigeur le 9 juillet 1858 et est renvoyé par anticipation dans ses foyers le 6 avril 1862 avec un certificat de bonne conduite avant d’être définitivement libéré en fin d’année.

7 ans de passés dans les rangs, mais la vie civile ne semble pas convenir à Martial Goudier car il se rend le 17 juillet 1863 à la mairie du 3 ème arrondissement de Lyon pour se réengager pour 7 ans.

Il est alors affecté au 62 ème de ligne et part faire la guerre au Mexique .

Il reçoit d’ailleurs la médaille du Mexique.

 

La recherche par les gendarmes de Lyon reste infructueuse en ce mois de juillet et Martial Goudier est déserteur à l’étranger depuis le 18 janvier 1868 sans autre précision qu’il a emporté un caleçon et une chemise.

La disparition étant datée de 1868 , il est probable qu’un premier avis de recherche ait été lancé à cette époque. Les archives du Rhône n’ont pas ce document, alors il faut tenter du côté de celles de Saône et Loire.

On retrouve daté du 12 juillet 1870, la même demande de recherche auprès du préfet de Saône et Loire, à un détail près : la date de désertion.

Ce n’est pas en 1868 que Martial Goudier a déserté mais en 1866 . Une nouvelle recherche s’engage à cette nouvelle date et on l’on peut consulter le premier avis envoyé aux préfets.

le Premier avis de désertion

Deux nouveaux détails y apparaissent : la présence au Mexique du déserteur en 1863-1864-1865 et 1866 et surtout les circonstances de sa disparation :

« Descendait de garde, est allé sur la place, y a déposé ses effets est parti en caleçon & chemise. A été aperçu par un habitant qui en a rendu compte. »

De retour sur l’exemplaire des archives du préfet du Rhône, on apprend même le lieu: Castillo.

Il s’est déshabillé, et a déserté…. Il avait 31 ans.

Sources: 5E342/17-AD71, 5E230/3-AD71, 5E230/4-AD71, 5E230/5-AD71, 5E230/6-AD71, 5E542/3-AD71, 1R LC 1855-AD71, 6M recensements population Gueugnon-AD71, R771-AD69, R772-AD69 R773-AD69, 2R12-AD71, illustration Gallica

 © 2015 Généalanille Article publié le 14 novembre 2015

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